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Simone Signoret : "Casque d'or a d'abord été un film incompris..."

Dans une interview donnée à France Soir en mai 1972, l'actrice confie à Nicole Jolivet son attachement pour ce film qui, malgré son échec à sa sortie, vingt ans plus tôt, lui offrit un rôle inoubliable...

"... Jacques Becker avait merveilleusement  poétisé le fait divers réel qui avait été  monté en épingle en 1904 pour accrocher l’attention du public sur les  apaches, comme on disait alors en parlant des voyous, plutôt que sur des événements graves qui se préparaient. 

Il avait transformé une assez sordide histoire de bandes rivales en une extraordinaire histoire d’amour vécue pendant quatre jours par une gigolette et un artisan qui essaie d’échapper au milieu et que la fatalité conduira néanmoins à  la guillotine. 

La psychologie des personnages était claire, nette, le dialogue d’une sobriété exemplaire (Reggiani n’a pas plus de 25  répliques tout au long du film). Les costumes ont une authenticité absolue, tels  qu’on pouvait les trouver dans Le petit journal illustré de l’époque, et non  pas  arrangés au goût du jour. Mais je pense que Casque d’or était un  film en avance sur son temps. 

J’ai hâte de voir la réaction des jeunes  d’aujourd’hui devant un film ou rien n’est démodé. Un film viril mais plein de  tendresse pour les femmes, un film où  l’on parle de l’amour, de l’amitié, de la  famille, de l’injustice, de la peine de  mort, toutes choses qui restent des problèmes actuels. J’ai pour Casque d’or  la tendresse particulière qu’on peut avoir pour les incompris."