Jean-Louis Milesi, scénariste débordant
Depuis que Robert Guédiguian a rencontré Jean-Louis Milési et lui a proposé d'écrire avec lui ses scénarios, leur collaboration n'a plus cessé. Dans "A l'attaque !", il est même question de raconter l'histoire de... deux hommes en train d'écrire leur prochain film !
Guédiguian, le cinéma par la bande
"Le cinéma n’est pas pour moi un métier, c’est une façon de vivre avec mes amis." Parce qu'il voit le quartier de Marseille où il a grandi se dissoudre dans la modernité, l'ancien militant communiste prend sa caméra et fait tourner ses amis : Gérard Meylan l'infirmier et Ariane Ascaride sa femme seront acteurs, Malek Hamzaoui abandonnera l’architecture pour devenir son directeur de production. Portrait d’homme avec groupe.
Pascale Roberts : fille légère, femme fatale, et mémoire d'une époque pour Robert Guédiguian
L'actrice a débuté au cinéma dans les années 50, souvent cantonnée à rester au second plan, mais finit par trouver son plus beau personnage grâce à Robert Guédiguian : elle est l'inoubliable Josepha dans "A la vie, à la mort !" avant d'être nommée pour le César du meilleur second rôle féminin pour "Marius et Jeannette".
" Un film à la réflexion euphorisante, une thèse aussi fraîche qu'un
bon pastis, une lutte des classes aussi drôle qu'une conversation de
café à propos de l'OM. A l'attaque!
marque le retour en grande forme de Robert Guédiguian. (Il) s'y affirme
comme un cinéaste plus complexe qu'il n'y parait, fin dialecticien
méridional plutôt qu'idééologue bourré de convictions, militant sincère
qui parvient à accorder les contraires; où lutte des classes rime avec
farces..."
Frédéric Bonnaud, Les Inrockuptibles
"(...) A l'attaque ! ose des coups de force dramatiques qui
relèvent du conte, un happy end comme on n'en fait plus. Guédiguian
défend à tout crin le droit au rêve. A l'utopie joyeuse. On voit, commente-t-il, tout
un quartier venir soutenir une famille menacée d'expulsion, soumise à
la décision arbitraire d'une société internationale. Moi, je crois que
montrer le monde tel qu'il pourrait être, ça encourage à se battre." S'il milite, aujourd'hui, c'est aussi pour un cinéma "accueillant". Bienvenue au garage Moliterno."
Jean-Claude Loiseau, Télérama
"u’est-ce qu’une
comédie ? Qu’est-ce qu’une tragédie ? Peut-on être populaire sans
être vulgaire ? Un film social doit-il être efficace et léger à la
fois ? Troisième (et dernier à ce jour) «conte de l’Estaque», A l'attaque ! brasse toutes les questions qui animent ses auteurs,
Jean-Louis Milesi et Robert Guédiguian, à peine masqués derrière
les personnages de deux scénaristes réfléchissant ensemble à la
façon d’écrire un film qui soit politique sans être sinistre.
Entre
deux cafés, quelques casse-croûtes et plusieurs siestes, ils s’invectivent
et rigolent, créent un monde et le font déraper. Dans la famille Moliterno,
on est garagiste de père en fils et en fille, mais la petite entreprise
tournerait mieux si un vilain patron leur réglait ses factures impayées :
le père, la fille, le fils, la belle-fille et le neveu décident un
beau jour de se rebeller et d’enlever le patron en question… Mais
avant d’en arriver là, les deux scénaristes font chanter le cousin
Jean-Do sous le balcon de Lola, convoquent des Indiens, s’offrent
une incursion dans la comédie musicale avec la scène du «bordel enchanté»
et devisent beaucoup des riches et des pauvres.
Dans la tribu Guédiguian,
chacun trouve ici un rôle à sa mesure et, comme c’était le cas
déjà avec Jacques Gamblin dans A la vie, à la mort !, la troupe
accueille même un nouveau venu, en la personne de Denis Podalydès,
qui s’intègre parfaitement à ce nouvel univers. Drôle, vif, irrévérencieux,
A l’attaque ! est le seul film de Robert Guédiguian qui soit ouvertement
en référence à une œuvre cinématographique existante : La Fête
à Henriette de Julien Duvivier, avançait selon le même principe
de deux scénaristes se chamaillant au cours du processus d’écriture."
Philippe Piazzo, Universcine