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De Robert Guédiguian. France - 1995
Ils s'aiment tous depuis longtemps, à Marseille, et ils ont beau être un peu cabossés par la vie, ils iront jusqu'au bout ensemble... à la vie, à la mort. Le plus beau film de Robert Guédiguian ?
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Trois générations pour dessiner une utopie collective

Le premier film de Robert Guédiguian vraiment remarqué par la presse allie la noirceur des premiers essais à la comédie et impose l'équilibre d'un ton qui est désormais sa marque propre.
 

Pascale Roberts : fille légère, femme fatale, et mémoire d'une époque pour Robert Guédiguian

L'actrice a débuté au cinéma dans les années 50, souvent cantonnée à rester au second plan, mais finit par trouver son plus beau personnage grâce à Robert Guédiguian : elle est l'inoubliable Josepha dans "A la vie, à la mort !" avant d'être nommée pour le César du meilleur second rôle féminin pour "Marius et Jeannette".
 

Guédiguian, le cinéma par la bande

"Le cinéma n’est pas pour moi un métier, c’est une façon de vivre avec mes amis." Parce qu'il voit le quartier de Marseille où il a grandi se dissoudre dans la modernité, l'ancien militant communiste prend sa caméra et fait tourner ses amis : Gérard Meylan l'infirmier et Ariane Ascaride sa femme seront acteurs, Malek Hamzaoui abandonnera l’architecture pour devenir son directeur de production. Portrait d’homme avec groupe.
A la vie, à la mort! est une tragédie qui porte bien son titre (…). Créateur d'un monde où la bonté est synonyme d'intelligence,  cette oeuvre met du baume au coeur en transmettant de manière sincère une véritable foi. Dans le cinéma et dans la vie.

Jacques Morice, Télérama
 
" Les gestes peuvent être de soutien (lorsqu''il s''agit de conduire le père paralytique aux toilettes) ou de désir, ils témoignent en tout cas que la communauté fait (au sens propre) corps, s'incarne pour de bon puisqu''elle en passe aussi par un dialogue physique. Cette existence charnelle est d'autant plus flagrante que le film organise un quasi-recensement des états du corps, et précisément du corps en tant qu''il est organiquement en vie, façon de dire que ce qui soude ces personnages en marge est un désir presque instinctuel de continuer à être. Baiser, manger, boire, chier, voilà qui les occupe beaucoup, et ces actes élémentaires et triviaux prennent ici toute leur beauté d'être des gestes qu''on fait ensemble et avec amour. Parce qu''après tout, même l'enfant, il leur a fallu être au moins trois pour le concevoir.

Pour autant le langage du corps n''est jamais le seul, il est toujours relayé, complété, par celui des mots parce qu'on est à Marseille qui est le territoire du verbe, de la palabre, de la jouissance du discours. Ce qui donne au film une légère et grisante dimension théâtrale, non pas qu'il vise à une quelconque rigidité, mais que bien souvent ce soit la parole qui organise la scénographie (on pense, bien que Guédiguian ne l''aime pas beaucoup, à Pagnol). On n''en finirait pas d''énumérer les scènes qui tirent leur beauté du dispositif de l''échange verbal. Citons au moins celle, anthologique, où José, Jaco et Otto (Jacques Pieiller) tentent de faire comprendre à Patrick que sa femme est enceinte. Scène d'une merveilleuse subtilité où la parole tout en détours, entrelacs, sous- entendus, allusions sibyllines, n''en finit pas de se déployer, de se répandre, de ne pas en venir au but, alors qu''un montage direct et franc, nous découvrant Jaco gêné et Marie-Sol un peu honteuse, éclaire le spectateur dès l''abord sur ce dont il est question, pour le laisser profiter du plaisir d'un verbe tortueux, vif et chaleureux.

Chaleur est sans doute le mot qui dit le mieux dans quel état laisse A la vie, à la mort !, film ovni dans le cinéma français contemporain. Il y a tellement longtemps, depuis Renoir peut-être, qu'on n''avait pas vu un cinéaste aussi respectueux de ses personnages, s'effaçant devant eux avec un si visible amour, qu''on ne peut que se réjouir de retrouver un regard aussi tendrement altruiste."

Stéphane Bouquet, Cahiers du Cinéma

A la vie, à la mort !
De Robert Guédiguian
France
1994
01h40 min


(€ 4.99)
VF
Format WMV + DRM
Taille : 1.27 Go
 




 
Acteurs
Marie-Sol : Ariane Ascaride
Jaco : Jean-Pierre Darroussin
la femme de Jaco : Frédérique Bonnal
Papa Carlossa : Jacques Boudet
Patrick : Jacques Gamblin
le patron de Marie-Sol : Alain Lenglet
José : Gérard Meylan
Vénus : Laëtitia Pesenti
Otto : Jacques Pieiller
Joséfa : Pascale Roberts
Farid : Farid Ziane

Fiche technique
Réalisation : Robert Guédiguian
Scénario : Robert Guédiguian, Jean-Louis Milesi
Direction de la photographie : Bernard Cavalié
Son : Laurent Lafran
Décors : Michel Vandestien
Montage : Bernard Sasia

Date de sortie en France : 11/10/1995




 



 
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