The Servant
Réalisation
Acteurs
Avec Dirk Bogarde, James Fox, Sarah Miles, Wendy Craig, Doris Knox, Jill Melford, Catherine Lacey, Patrick Magee, Ann Firbank, Richard VernonPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Hugo Barrett
- : Tony
- : Vera
- : Susan
- : la femme âgée
- : la jeune femme
- : Lady Mounset
- : l'évêque
- : la femme au restaurant
- : Lord Mounset
Equipe du film :
- : Joseph Losey
- : Harold Pinter
- : Robin Maugham
- : Douglas Slocombe
- : John Cox
- : Reginald Mills
- : Beatrice Dawson
- : Richard MacDonald
- : John Dankworth
- : Springbok Films
- : CFDC - Compagnie Française de Distribution Cinématographique
Dates :
- : 10/04/64
Informations techniques :
- : Noir et blanc
- : Long metrage
- : Anglais
Thèmes
Ils en parlent
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France Observateur
" Voilà sans aucun doute le film le plus scabreux de la saison (...) Dans un rebondissement inattendu de sa carrière, Joseph Losey nous livre avec The Servant, outre son meilleur film, une oeuvre d'une parfaite ambiguïté et un monument de perversité décadente, qui est précis de décomposition, cauchemar libertin et danse macabre (...)
Sans jamais recourir à l'évidence, il développe une situation progressivement intenable, et lui donne tous les prolongements que réclame une substantielle oeuvre d'art. Au-delà du simple règlement de comptes entre deux classes vétustes, îlots perdus d'un absurde édifice, il met en présence d'un Dorian Gray en quête d'une éternelle jeunesse un instrument aveugle et pathétique de corruption, mais chacun victimise l'autre et ces deux mondes sombrent ensemble (...)
Tout est regards, sourires dérobés, gestes insolites, tasses de thé bues avec sarcasme, jeux d'ombres et de rideaux, miroirs perfides. L'une des scènes d'amour les plus audacieuses se voit réglée en un seul plan, dans la lente virée d'un fauteuil à pivot, et sans rien de censurable (...)
On a comparé ce film aux Abysses : c'est une erreur. Il n'y a dans The Servant aucune révolte, mais l'écrasement mutuel dans une promiscuité insondable, dans un purgatoire de rôles échangés. La chute des protagonistes est miltonienne dans le sens d'un suicide orgiaque des extrêmes. L'arbitraire séparation des classes s'anéantit, non dans une libération collective, mais dans un corps à corps cataclysmique..."
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Le Figaro littéraire
Dans une interview publiée en mars par Les Cahiers du cinéma, Joseph Losey explique : " ... Toute l'histoire contient beaucoup d'éléments qui vont de soi, si bien que ce qui est excitant sur le plan de l'émotion et de l'esthétique provient de tout autre chose que de l'histoire elle-même : l'histoire n'est qu'un cadre (...) Dans The Servant, par exemple, il y a des séquences entières que l'on pourrait très bien supprimer (...)"
Il est remarquable que Joseph Losey considère comme acquis pour le cinéma ce qui est encore contesté dans le domaine romanesque, où il arrive que la question ne se pose même pas aux écrivains. Il n'est que de les écouter aux émissions télévisées Lectures pour tous raconter par le menu le sujet de leurs romans et ne raconter que cela. Comme si l'anecdote, en quelque art que ce soit, présentait un autre interêt (divertissement mis à part) que de servir de support à ce que l'auteur à tenter d'exprimer et de communiquer.
Que l'on aime ou non les innovations formelles de Joseph Losey (dont on peut ne pas toujours goûter le baroque flamboyant), il faut saluer en lui un créateur dont nous avons beaucoup à apprendre (...)
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La Croix
" ... Quel film ! Je l'ai vu comme si j'assistais au jugement dernier. La technique de Losey est sans cesse accordée à cette "damnation". D'abord rassurante, calme, paisible, comme l'appât - mais déjà porteuse d'inquiétudes sourdes - , la réalisation, dans la seconde partie, précipite l'avilissement, de cercle en cercle (ceux de l'enfer, selon Dante) jusqu'à l'impossible rémission (...)Beaucoup plus que Le Silence de Bergman, The Servant me semble être une oeuvre témoignant, jusqu'au malaise, de "l'absence de Dieu" et de la "présence du diable" (...)
Certains pensent que The Servant est un film "social" qui manifesterait le déclin d'une classe au profit d'une autre. Il se peut. Mais, d'entrée de jeu, le spectateur est surtout certain que Barrett, c'est Satan..."
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Cinéma
" ... le plébéien Barett entreprend l'anéantissement de l'aristocrate Tony, avec toutes les armes dont il peut disposer : l'attrait du confort, l'érotisme de Vera, et puis une sorte de complicité masculine fondée sur une fascination profonde dont les motivations sont très évidemment sexuelles.
Et plus précisément homosexuelles (...) Bien entendu, les choses ne sont pas aussi claires dans ce film, qui est de ce point de vue d'une pudeur et d'une discrétion parfaites. Mais comment expliquer autrement cette fascination réciproque des deux hommes depuis le moment où Barett découvre l'éphèbe Tony, beau comme un jeune dieu, endormi sur une chaise longue et où il ressent un véritable coup de foudre, jusqu'à cette extraordinaire scène où Tony, caché dans la salle de bain, est pris d'une excitation haletante en entendant Barett qui le cherche et dit : "Je vais t'avoir !" : dans cette excitation se mêlent des réminiscences de terreurs enfantines liées au jeu de cache-cache nocturne mais aussi des composantes très évidemment sexuelles. La fin du film ne laisse aucun doute à cet égard : c'est un ménage à trois (...)
Apologue sur la lutte des classes, déchaînement de perversion sexuelle, conflit destructeur de deux caractères antagonistes, ces trois interprétations ne sont pas contradictoires mais complémentaires (...) Ce film magistral, que je tiens pour un chef-d'oeuvre, appelle les références les plus fameuses (Brecht, Bunuel, Sade) et les éloges les plus flatteurs : on voit rarement autant d'intelligence alliée à autant de de goût, autant d'audace accordée à tant de tenue, une vision aussi merveilleusement cinématographique appliquée à une conception aussi profondément humaniste de l'analyse sociale. Losey atteint ici au sommet de son art."
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Cinématographe
" Comme dans Eva, le metteur en scène n'est jamais autant lui-même que montrant des âmes vautrées dans une catastrophe esthétique. Le réseau d'humiliations qui réunit un jeune aristocrate et son valet, fait que les volontés se délitent, que les hierarchies se renversent. La mise en scène à force de diffractions, de miroirs-sorcières, de reflets dans l'obscur, justifie comme rarement au cinéma, les intentions de la décadence contenues dans le récit. Les dialogues de Pinter, durs, elliptiques, ponctuent les épisodes de ce naufrage sexuel et social. Mais on se souviendra autant de cette très belle scène muette qui, dans un parc désert où ils jouent, voit James Fox et Wendy Craig découvrir leur amour. Superbe photo de Douglas Slocombe."















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