Juha{Juha}
Réalisation
Acteurs
Avec Kati Outinen, Sakari Kuosmanen, André Wilms, Jaakko Talaskivi, Tatiana Soloviova, Tuire Tuomisto, Outi Mäenpää, Esko Nikkari, Markku Peltola, Elina Salo, Ona KamuPitch
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Acteurs :
- : Marja
- : Juha
- : Shemeikka
- : le garde du corps
- : la danseuse
- : la femme de Shemeikka
- : la femme de Shemeikka
- : le chef de la police locale
- : le chauffeur
- : la soeur de Shemeikka
- : la femme de Shemeikka
Equipe du film :
- : Jukka Salmi
- : Aki Kaurismäki
- : Timo Salminen
- : Juhani Aho
- : Anssi Tikanmäki
- : Jouko Lumme
- : Markku Pätilä
- : Aki Kaurismäki
- : Aki Kaurismäki
- : Marja-Leena Hukkanen
- : Sputnik Oy
- : Pyramide Distribution
Dates :
- : 14/04/1999
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Finnish
Bandes annonces et photos
Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
-
Le Monde
" Juha est un film muet, un vrai film muet, en noir et blanc, avec des cartons pour remplacer les dialogues et expliquer l'action. C'est donc un objet à la fois archaïque et expérimental, soumis à l'épreuve du regard d'un spectateur de 1999 pour qui le cinéma n'obéit plus à ces contraintes assimilées à des manques (l'absence de couleur et de son)
(...)
La rhétorique obligée du muet, que le cinéaste transgresse plusieurs fois, s'allie parfaitement avec un style qui a souvent privilégié le silence et une composition volontairement figée du cadre. La nécessité de condenser dans l'image l'essentiel de la signification des actions et des pensées des personnages constitue ainsi un enjeu supplémentaire dans la construction d'un art personnel.
Lorsque Maria prend dans ses bras un chou, préalablement effeuillé, pour le serrer contre elle, son désir de maternité aura été signifié. De la même façon, un noeud de cravate desserré, une cigarette que l'on fume allongé dans l'herbe suffisent à suggérer que les deux personnages ont fait l'amour. La désuétude fait ici d'abord rire, avant d'émouvoir par un coup de force dont est seul capable un cinéaste conscient des capacités de son art.
Kaurismäki installe en effet l'image au centre d'un jeu subtil où l'empathie du spectateur gagne par l'évidence comique de certaines trouvailles. Mais si le film est souvent drôle, il est dénué de toute ironie. Le réalisateur dépasse le réflexe d'un spectateur contemporain qui verrait le film uniquement comme un artefact burlesque pour toucher un point où l'émotion émerge, où les ficelles mélodramatiques sont sublimées par la mise en scène.
Muet, Juha est aussi un film sonore, soutenu de bout en bout par la musique de Ansi Tikanmaki et subrepticement perverti par les ajouts sonores incompatibles avec le principe d'origine. Une portière qui claque, un frottement de lame qu'on aiguise frappent par leur incongruité. Ce recours au son permet aussi de désigner la dimension arbitraire sur laquelle repose l'utilisation du son au cinéma. Lorsque les paroles mélancoliques (les seules paroles du film) du Temps des cerises sont chantées dans un cabaret où a été entraînée l'héroïne, on sait que le cinéaste a gagné son pari en faisant surgir la profonde tristesse de son histoire." -
Les Inrockuptibles
" On voit bien comment l' argument scénaristique aurait pu être le matériau d'un mélodrame de Griffith ou de Murnau. D'ailleurs, comme toujours, le cinéma de Kaurismäki est rempli de ses références et de ses obsessions de spectateur. Dans ces conditions, comment Kaurismäki réussit-il à échapper complètement au revival inutile et ennuyeux, à la simple reproduction mortifère ? Comme d'habitude, lorsqu'il est en forme : en filmant ses personnages avec un maximum d'amour et de croyance, en soignant la facture esthétique de son film sans tomber dans la maniaquerie d'antiquaire, et surtout en mélangeant l'hier et ailleurs (l'enfance du cinéma, l'Amérique, l'Europe) avec l'ici et maintenant (le film en train de se faire, la Finlande).










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