Le Havre

Réalisation

Pitch

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s'est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d'être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d'Afrique noire. Quand au même moment Arletty tombe gravement malade et doit s'aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l'indifférence humaine avec pour seules armes son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d'un Etat de droit occidental, représenté par l'étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon réfugié. Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

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  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

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On vous en parle

  • Dans la merde, mais bien debout

    ... Tels sont les personnages des films d'Aki Kaurismaki, nous explique Benoit Delépine, dont on verra au Festival de Cannes 2012 Le Grand soir, signé avec son compère Gustave Kervern. 

    Lire la suite

Ils en parlent

  • Le Parisien

    Le Parisien

    Ce film du réalisateur finlandais Aki Kaurismaki (« l’Homme sans passé ») avait beaucoup impressionné les festivaliers de Cannes. Au point d’être l’un des favoris pour la Palme d’or. Oublié par le jury cannois, il vient de recevoir le Prix Louis-Delluc 2011. « Le Havre » raconte l’histoire d’un cireur de chaussures de la gare normande, Marcel (André Wilms), qui tend la main à un jeune Africain sans papiers qui rêve de rejoindre sa mère en Angleterre.

    Kaurismaki filme cette histoire avec sobriété, brossant le portrait de personnages lunaires qui s’expriment avec une rare poésie. Lumineux, généreux, « Le Havre » est l’œuvre d’un cinéaste sensible et engagé, qui a trouvé dans ce port industriel saturé de couleurs un décor très cinématographique.

    A.G., Le Parisien
  • Les Inrockuptibles

    Les Inrockuptibles

    Le Havre donne au spectateur, au moins momentanément, la foi dans l’humanité et ses ressorts d’énergie, de renaissance, de générosité. Sans niaiserie, sans illusions, sans sentimentalisme mou. Mais tant qu’un personnage d’épicier pourra affirmer “J’aime la société”, il restera toujours un peu d’espoir. Après quelques films un peu moins inspirés (L’Homme sans passé, Les Lumières du faubourg), Kaurismäki a retrouvé une vitalité certaine. Le Havre est un film qui redonne du courage, un conte de Noël parfait, que l’on recommande vivement aux grands comme aux petits spectateurs. Nous aimons Le Havre, parce que nous pensons qu’il permet au spectateur de ressentir le meilleur de lui-même.

    Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles
  • Le Nouvel Observateur

    Le Nouvel Observateur

    Cinéaste humaniste traquant la moindre lumière des faubourgs, Kaurismäki traite le problème des demandeurs d’asile sur un ton burlesque et nostalgique. Les apôtres de la fraternité habitent entre le quai des brumes et un quartier à poésie fanée. Serviteur duplice?? de l’administration française, le commissaire Darroussin s’oppose au délateur FN auquel Léaud donne des traits à la Le Vigan. On croise une bonne fille prénommée Arletty. La présence de Pierre Etaix souligne que le cinéaste finlandais dénonce la barbarie des temps modernes sur un ton proche de Chaplin, Tati et Prévert.

    Lucie Calet, Le Nouvel Observateur
  • Télérama

    Télérama

    La France, l'Angleterre, mais aussi l'Afrique noire, l'Amé­rique du Sud, le Vietnam... Le Havre, ouvert sur la mer, l'est aussi sur les musiques du mon­­de, choisies avec le bon goût qui caractérise Kauris­mä­ki. El­les ne sont pas plaquées, elles font partie intégrante de l'action, elles s'échappent des transistors ou des tourne-dis­ques. Chan­sons d'avant-guerre, musique gitane, blues, tango : un métissage créatif qui rend dérisoire la notion même de nationalité. L'ami vietnamien de Marcel le dit autrement en confessant que Chang n'est pas son nom : ce sont ses papiers français qui l'ont privé de son nom... Alors, autant pousser l'absurde jusqu'au bout. C'est ce que fait Marcel : « Je suis l'al­binos de la famille », balance-t-il un moment au directeur du centre de rétention de Calais pour justifier d'être soi-disant le frère du grand-père d'Idrissa. Etre frère, tout est là. Ce n'est pas la bonté, encore moins la compassion qui anime Marcel. Plutôt une fraternité naturelle de citoyen du monde, qui se passe d'explication. On parle d'ailleurs peu mais bien dans Le Havre. Avec une politesse ex­quise. Avec une dignité qui mène à une morale simple com­me bonjour : c'est en aidant les autres qu'il peut nous arriver des choses formidables.

    Jacques Morice, Télérama
  • Les Inrockuptibles

    Les Inrockuptibles

    Un peu de Hergé semble s'être glissé ironiquement dans cet univers entre Chaplin et Bresson, univers plus complexe qu'il n'en a l'air, où la simplification des traits est parfois trompeuse et où il faut savoir lire entre les lignes : et si ce commissaire aux allures d'agent de la gestapo (Darroussin) était un ennemi bien intentionné ? Au contact d'Idrissa, un pas de côté semble possible dans cette société bien vissée, présentée comme un cirque dangereux : s'ouvre une infime et surréaliste zone de circulation, particulièrement audacieuse, qui marque l'accès de Kaurismäki, pourtant déjà habitué à évoluer dans les replis, à une marge et une liberté nouvelles - il n'y a pas d'acquis Kaurismäki. On y entre tels les explorateurs tâtonnant d'un monde nouveau sans doute un peu fragile, mais parfaitement exaltant, traversé par les fulgurances d'un humour génial. Au refugié clandestin qui lui demande pourquoi il devrait lui révéler le nom du grand-père d'Idrissa, Marcel (André Wilms, sublime) répond tout simplement de sa voix à la fois sèche et douce, avec un aplomb merveilleux : « pour mes beaux yeux ». Le cinéma est fait pour les miracles : rares sont les cinéastes qui, comme Kaurismäki, savent le prouver. De Cannes, il est reparti pourtant les poches vides, mais sûrement la tête haute, comme ses personnages.

    Amélie Dubois, Les Inrockuptibles
  • Première

    Première

    Symbole de ce cinéma qui n’obéit à aucun canon, Marcel Marx (Wilms, génial) est, pour paraphraser un slogan de Mai 68, « marxiste tendance Groucho » : à côté de la plaque sur bien des points mais raccord sur l’essentiel. Les acteurs disent leur texte avec un air absent (normal, ils ont la tête dans les nuages), Jean-Pierre Léaud lance des regards noirs (il joue un indic), les couleurs pètent (le cinéma, c’est mieux que la vie). Comme Gustave Kervern et Benoît Delépine, ses amis et émules, Kaurismäki filme des hurluberlus magnifiques dont la marginalité est aussi politique que cinématographique.Le cinéma d’Aki Kaurismäi est unique. Il mêle humanisme et alcoolisme, surréalisme et quotidien, soit des choses a priori peu compatibles. Dans Le Havre, le réalisateur finlandais brosse ainsi le portrait de petites gens qui, confrontées au cynisme du monde moderne, trouvent leur salut dans la picole et la solidarité.

    Christophe Narbonne, Première

Vous en parlez

  • 08/05/12 | barbulesti
      6/10

    Film surprenant surtout venant dun suédois sur le Havre avec un jeune homme africain !

  • 06/05/12 | jenkins63
      10/10

    Inoubliable ... et Wilms au sommet de son art , mais est-ce une surprise avec un homme de son calibre ????

A propos de

  • Aki Kaurismäki

    Né le 4 avril 1957, le finlandais, cinéphile assidu commença sa carrière comme facteur et ouvrier du bâtiment puis en se faisant recaler à l'entrée...

    En savoir plus
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Communauté

Faites votre cinéma

  • skipper au sujet de : The Master

      8/10

    Sujet sortant de l ordinaire, loin dun manichéisme facile, excellents acteurs, superbement filmé. Il est vrai que le scénario s effiloche un peu sur la fin.